Les risques du métier ou comment protéger le toucher ostéopathique d’une dérive érotique.

Les risques du métier ou comment protéger le toucher ostéopathique d’une dérive érotique.

Extrait du bulletin de MO mai 2018

Le rapport au corps en ostéopathie est indispensable. Il permet à l’ostéopathe d’établir son diagnostic afin de mettre en œuvre le traitement le mieux adapté.

Le patient le sait et revendique clairement son attachement à cette médecine manuelle.

Là où s’exerce l’esprit humain, l’idéal n’existe pas ; par conséquent nous devons imaginer être confronté soit en qualité d’expert nommés, soit en tant que collègue témoin de proximité, soit en tant que prévenu à des situations extrêmes où le praticien est suspecté de gestes déplacés ou carrément de viol. Ces faits sont rarissimes mais suffisamment graves pour jeter le doute sur une profession ou le discrédit sur un praticien qui mériterait en effet, de lourdes sanctions si les faits s’avéraient réels.

Le doute n’est pas permis, ni pour le patient qui reçoit le traitement ni pour le praticien qui le prodigue.
Nos gestes sont acquis depuis le commencement de nos études et deviennent pour nous naturels, anodins même, ils sont notre quotidien. Nous abordons de façon différente les patients d’âge différent, de sexe différent, de culture différente. Nous avons toujours à l’esprit cette délicatesse cette distance qui confère le respect dû au patient qui nous accorde sa confiance.

Pour certains patients le rapport à son propre corps est en soi une difficulté et la frontière entre un geste équivoque et un geste thérapeutique peut paraître floue.
L’ambiguïté doit être levée avant la mise en place de la technique, si le doute apparaît pendant la technique celle-ci doit être interrompue sur le champ pour laisser place à une explication ou à un changement de technique, plus le dialogue est tardif plus l’ambiguïté sera difficile à lever.

A Médecine Ostéopathique nous connaissons bien le cas d’un confrère ayant subi l’enfer d’une injuste calomnie jusqu’à la condamnation par le tribunal pénal de l’accusatrice; une patiente érotomane. En tant que praticien nous avons été témoin de narration d’abus sur des patients(es) qui parfois glacent le sang.

Médecine Ostéopathique, organisation syndicale et socio professionnelle historique sera toujours aux côtés de la victime.
L’efficacité des techniques ostéopathiques, depuis maintenant plus d’un siècle, ont fait leur preuve. Les interdictions ou restrictions d’actes, publiées lors des décrets d’application sont purement infondées. Loin de garantir la sécurité du patient qu’elles infantilisent, elles sèment le doute sur les praticiens. Dans n’importe quelle profession il est possible de rencontrer des esprits dérangés, l’exercice de l’ostéopathie ne fait pas exception. La création d’un code de déontologie ne protègerait guère contre ce genre de dérive, en revanche, un conseil de l’ordre serait plus à même de clarifier en amont une situation vouée au pénal.

En attendant redoublons de vigilance et d’écoute, expliquons, dialoguons, responsabilisons également nos patients acteurs prépondérants de la prise en main thérapeutique.

Jean Fancello
Président d’honneur de MO